Tyson Fury contre Logan Paul, Alcaraz VS Nadal, des matchs de NFL⊠La diffusion de sport en direct sur Netflix : le dĂ©but dâune nouvelle stratĂ©gie ?
đ„120 millions. Ce chiffre ahurissant ne reprĂ©sente pas une somme dâargent, mais, bel et bien, le nombre de « tĂ©lĂ©spectateurs » qui ont suivi le combat de boxe vendredi 15 novembre 2024 entre Logan Paul et Tyson Fury sur la plateforme de streaming Netflix. Un choix qui Ă©tonne, tant la marque avait dĂ©niĂ© se lancer dans la bataille des droits TV pour diffuser du sport en direct. Est-ce le symbole dâune nouvelle stratĂ©gie ? On fait le point.
Avant 2023, les fans de sport allaient sur Netflix pour regarder essentiellement des documentaires. Un catalogue riche et variĂ© oĂč lâon peut notamment recenser le dĂ©sormais emblĂ©matique « Drive to Survive », consacrĂ© Ă lâunivers de la Formule 1.
Sâajoute Ă cela, entre autres, « Beckham » et « Tour de France : au cĆur du peloton », de parfaits exemples de la diversitĂ© et de la qualitĂ© des documentaires diffusĂ©s sur la plateforme, bien que tombant (souvent) dans la dramaturgie.
Mais depuis plusieurs mois, la marque sâattache Ă diffuser du sport en direct. Ă commencer par la « Netflix Cup », tournoi non officiel de golf opposant stars de la discipline et de la Formule 1 en novembre 2023.
Sâen est suivi un match dâexhibition en mars 2024 entre les deux tennismans espagnols Carlos Alcaraz et Rafael Nadal.
Avant de nombreux coups dâĂ©clat comme avec ce combat entre une star de Youtube, Logan Paul, et Tyson Fury, ancienne gloire de la boxe. Ou encore lâacquisition des droits de la WWE, la ligue de catch aux Ătats-Unis, pour 2025 ou de quelques matchs de NFL, la ligue de football amĂ©ricaine.
Comment expliquer ce changement ? Auparavant, lâaspect Ă©conomique primait sur le reste. « La retransmission en live de grandes compĂ©titions sportives reste en effet problĂ©matique pour Netflix, Ă la diffĂ©rence dâAmazon et dâApple qui peuvent dĂ©ployer des investissements plus massifs dans le sport grĂące Ă leur assise financiĂšre et Ă leur diversification », comme lâanalyse Louis Wiart, professeur en communication Ă lâULB, spĂ©cialisĂ© dans les industries culturelles et crĂ©atives au mĂ©dia LâEcho.
Parce que contrairement Ă ses concurrents, friands de diffusion de sport en direct, Netflix est la seule Ă afficher des bĂ©nĂ©fices. Cette rentabilitĂ© est, reste et restera lâobjectif absolu.
Mais un Ă©vĂšnement important a changĂ© la donne : lâarrivĂ©e de la publicitĂ© sur la plateforme. Ce nouvel Ă©lĂ©ment rapporte Ă©normĂ©ment : « dans les pays oĂč nous proposons une offre avec pub, plus de la moitiĂ© des nouveaux abonnĂ©s optent pour cette offre », a dĂ©clarĂ© le co-PDG du groupe Greg Peters Ă des analystes, comme le rapporte Les Ăchos.
Comment capter et garder lâattention du public, malgrĂ© les publicitĂ©s venant couper les programmes ? En diversifiant son offre : câest lĂ quâintervient la diffusion de sport en direct. « Les dirigeants de Netflix parient, entre autres, sur le fait que l'excitation liĂ©e Ă de grands Ă©vĂ©nements sportifs convaincra leurs abonnĂ©s de rester plus longtemps devant leur Ă©cran, et donc de voir plus de publicitĂ©s », comme lâexplique Hortense Goulard, journaliste aux Ăchos.
La stratĂ©gie est-elle payante ? Il semble que oui, si lâon en croit les rĂ©sultats Ă©conomiques publiĂ©s par la plateforme, sans compter les contrats publicitaires. « De bons programmes en direct vont toujours rassembler les foules et unir les gens pour un moment. Pour les marques, c'est une audience captive Ă qui elles peuvent faire passer des messages publicitaires », note Mike Proulx, de Forrester, entreprise dâĂ©tude de marchĂ©.
Il ne sera donc pas rare de voir arriver dans les prochains mois de nombreux Ă©vĂšnements sportifs en direct sur Netflix. Mais faut-il encore que la plateforme de streaming trouve un modĂšle rentable pour que cela devienne rĂ©current. Dâautant plus avec une diffusion entrecoupĂ©e de bugs, comme lors du combat gagnĂ© par Logan Paul.
Coup dur pour RMC Sport. Laurent Salvaudon, directeur de la rédaction, quitte la chaßne.
ArrivĂ© Ă la direction Ă©ditoriale de SFR Sport en 2016, devenue RMC Sport en 2018, le journaliste est Ă lâorigine de nombreux accomplissements.
Laurent Salvaudon quitte RMC Sport / Capture dâĂ©cran X
Câest lui, qui eut lâidĂ©e de lâĂ©mission « Le Vestiaire », concept sans prĂ©sentateur « oĂč les joueurs Ă©changent entre eux sur diffĂ©rents sujets, se livrent, partagent des anecdotes », comme lâindique la chaĂźne. Autre fait dâarme : faire de RMC Sport une rĂ©fĂ©rence dans le monde de lâUFC, la ligue amĂ©ricaine de MMA.
Face Ă lâabsence de compĂ©tition majeures sur la chaĂźne depuis juin 2024, il a su, avec son Ă©quipe, se rĂ©inventer. Principalement sur le digital.
Comment ? En proposant des contenus adaptés, et surtout en devenant, là aussi, une référence dans la diffusion du tennis de table et des exploits des frÚres Lebrun, disponible gratuitement sur Youtube.
Autre rĂ©fĂ©rence dans le monde du sport : les films RMC Sport. DiffusĂ© sur Youtube, ce « format long Ă l'Ă©criture spĂ©ciale basĂ©e sur lâĂ©motion, lâinside, les camĂ©ras isolĂ©es », comme il le dĂ©crivait dans une interview à « Ăcofoot » en 2023, est devenu un « emblĂšme de la chaĂźne ».
Sur Twitch, quâil a lancĂ©, RMC Sport compte dĂ©sormais 500 000 abonnĂ©s, et constitue lâun des nombreux exemples Ă suivre pour les mĂ©dias souhaitant sây mettre.
Le journaliste devrait dĂ©sormais lancer son propre projet en « proposant ses services dans la crĂ©ation de contenus dans le monde du sport », rapporte LâEquipe.
1.5 millions.
âœComment faire une newsletter sans parler de DAZN ? Le diffuseur majeur de la Ligue 1 est Ă lâhonneur du chiffre du mois. 1.5 millions, câest le nombre dâabonnĂ©s que doit obtenir la plateforme avant le 1er dĂ©cembre 2025, comme le rĂ©vĂšle LâEquipe.
Sinon, que se passera-t-il ? La LFP ou la plateforme pourrait acter la fin du contrat, censĂ© lier les deux parties jusquâen 2029. Ce qui gĂ©nĂ©rerait, ainsi, de nouvelles nĂ©gociations pour diffuser les matchs du PSG ou de lâOlympique de Marseille.
Comment le service de streaming va-t-il faire pour atteindre ce chiffre colossale ? Utiliser des offres attirantes, comme mentionnée dans la précédente newsletter.
Dans ce sens, DAZN a lancĂ©, Ă lâoccasion du Black Friday, une offre Ă 14,99⏠par mois, contre 19,99⏠auparavant. Mais lâoffre Ă©tait seulement disponible du 29 novembre au 2 dĂ©cembre.
Cependant, pas sûr que cela suffise pour la plateforme, qui ne compterait que seulement 500 000 abonnés actuellement. De quoi continuer le feuilleton des droits TV.
đ„Teddy Riner nâen finit plus de nous surprendre. AprĂšs avoir glanĂ© lâor Ă deux reprises aux Jeux Olympiques de Paris 2024, le judoka va devenir co-animateur, avec sa femme Luthna Plocus, de Love is Blind, une Ă©mission de tĂ©lĂ©rĂ©alitĂ© sur Netflix. Le concept ? Les candidats doivent faire connaissance, se sĂ©duire, avant de potentiellement se demander en mariage, tout ça sans jamais se voir.
đAprĂšs le championnat italien de football, belle opĂ©ration pour la chaĂźne LâEquipe. Elle a acquis les droits de diffusion pour la plus grande compĂ©tition de rugby Ă 7 : le circuit mondial nommĂ© les Seven Nations Series. De quoi suivre gratuitement les performances des champions olympiques français.
đŸLes abonnĂ©s Canal+ continueront finalement de profiter dâEurosport. Lâaccord de distribution entre les deux parties prenait fin le 14 novembre. Sâil avait Ă©tĂ© remis en question pendant un temps, les fans de cyclisme et de tennis pourront toujours profiter pleinement de lâUS Open, de lâOpen dâAustralie et des grands tours.
đ±Insolite : Jean-Charles Sabattier et Patrick Guillou, journalistes phares de beIN Sports, ont commentĂ© un match⊠de RĂ©gional 2, la huitiĂšme division de football en France. La raison ? Lâinitiative de la chaine qatarie nommĂ©e « BeIN Squad », qui sponsorise 50 clubs amateurs. Certains dâentre eux sont mĂȘme suivi rĂ©guliĂšrement par les camĂ©ras de beIN Sports comme le club de Ruffiac-Malestroit, dans le Morbihan. Câest dâailleurs leurs joueurs qui ont Ă©tĂ© mis Ă lâhonneur pendant plus de 90 minutes, sous les envolĂ©es lyriques des commentateurs phares de la Bundesliga, le championnat allemand de football.
đLe 4 novembre 1984, Canal+ va rĂ©volutionner la tĂ©lĂ©vision. Elle devient la quatriĂšme chaĂźne de la TNT, et surtout, la premiĂšre chaĂźne payante. Depuis 40 ans, elle est devenue une rĂ©fĂ©rence dans la diffusion du sport.
Depuis 40 ans, elle est considérée comme le diffuseur principal de Ligue 1, permettant sa valorisation aux yeux des Français et du monde entier.
Au-delĂ du championnat français, la propriĂ©tĂ© de Vincent BollorĂ© permet de regarder un certain nombre de matchs de football. Comme la Premier League, championnat anglais de football, ou la Ligue des Champions, quâelle diffuse depuis 1999, sauf entre 2018 et 2021. Câest sur Canal+ que les tĂ©lĂ©spectateurs vivront un moment historique : la remontada.
La chaĂźne cryptĂ©e ne se contente pas quâau football. Câest Ă©galement la diffuseuse officielle de la Formule 1, contribuant Ă la dĂ©sormais grande popularitĂ© du sport mĂ©canique.
Depuis plusieurs années, Canal+ met également en valeur le Top 14, le championnat français de rugby, avec « Canal Rugby Club », une émission hebdomadaire le dimanche soir et la diffusion de deux matchs par journée.
Sports moins mĂ©diatiques : le Golf et le Padel ont, eux aussi, rĂ©guliĂšrement une place au sein de la grille de programmation, permettant certainement Ă nombre dâabonnĂ©s dâen devenir fan.
Si les critiques existent et sont lĂ©gitimes envers la chaĂźne payante, on peut affirmer, sans aucun doute, que depuis 40 ans, Canal+ a contribuĂ©, Ă travers ces quelques exemples, Ă la diffusion et lâaccessibilitĂ© du sport en France.
Et voilĂ , câest tout pour aujourdâhui ! On se retrouve dans un mois pour revenir sur lâactualitĂ© mĂ©diatique dans le monde du sport et pour fĂȘter la nouvelle annĂ©e đ„ł
